Le livre de Ségolène Royal “Ma plus belle histoire, c’est vous” sort en librairies aujourd’hui.
Dans son ouvrage elle se définit comme une “Bécassine entrée par effraction” dans la compétition présidentielle et estime n’avoir commis qu’une “seule faute”, “n’avoir pu aligner au lendemain de l’investiture un nombre respectable de ténors socialistes sourire aux lèvres et fleur au fusil”.
Bref, on est encore très loin de l’autocritique sincère et lucide…
Elle raconte également être allée à la rencontre de François Bayrou à son domicile parisien (dont elle donne l’adresse) pour lui proposer d’être son Premier ministre - ce qu’elle voulait pouvoir annoncer pendant son débat télévisé avec Nicolas Sarkozy. Le “troisième homme” aurait alors “reculé devant l’obstacle”. “Non, non ne montez pas, il y a du monde dans la rue”, lui aurait-il déclaré au téléphone, “comme un amoureux qui craint la panne ou un adultère risqué”.
Le président du MoDem a démenti cette scène vendredi dernier, parlant d’une proposition transmise “par des intermédiaires”. Les ténors socialistes ont également été stupéfaits de la nouvelle… Royal négocie la place de 1er ministre dans leur dos et elle s’étonne encore que les éléphants la “flinguent” dès qu’elle a le dos tourné…
Dans une atmosphère délétère où la détermination du PS de mettre hors jeu sa candidate est le grand ressort de l’intrigue, il y a, grâce à Dieu, de bons moments qui constituent comme des sommets de la comédie politique.
L’un d’entre eux, d’après Ségolène, a pour héros Michel Rocard. À quarante-huit heures de la clôture du dépôt des candidatures au Conseil constitutionnel, l’ancien premier ministre se pointe à l’antenne de campagne du 282, boulevard Saint-Germain. Il ne s’embarrasse pas de circonlocutions oiseuses : «Bonjour, Ségolène. Je suis venu te dire, primo, que tu n’y arriveras pas. Secundo, qu’il ne te reste que quelques heures pour te retirer.» Stupeur de Ségolène. Elle murmure que, si elle se retirait, le parti convoquerait de nouveau les militants pour désigner un candidat. «Impossible, réplique Rocard. Les délais sont trop courts. Je dépose ma candidature au Conseil constitutionnel avant la clôture, et le tour est joué. C’est ta chance. Si tu ne la saisis pas, tu vas être balayée. Tu ne seras même pas au second tour.» La transparence du PS a failli, ce soir-là, en prendre un sacré coup.
Elle lance également ce qui semble être une pré-déclaration de candidature pour 2012: “Je ne connais encore ni le lieu, ni la date, mais je sais qu’un jour, nous nous retrouverons”, lance-t-elle à ses partisans. “Je gagnerai un jour pour eux”.
Raison de plus pour rester mobilisé!
Livre: “Ma plus belle histoire, c’est vous”, éditions Grasset sur Amazon.fr
Source: LeFigaro.fr